Respirer

« I can’t breathe » de George Floyd.

Il y a trois jours, aux actualités sur France Info, je vois les images et écoute les commentaires concernant la situation sanitaire en Inde, à New Delhi. Il y a cet homme, vraisemblablement trentenaire, à terre, de tristesse, de désespoir. Il annonce qu’il vient de perdre son frère, là, devant l’hôpital, qui ne pouvait le recevoir. On voit aussi ce jeune homme, devant une ambulance dans laquelle est allongée sa mère, il tient la bouteille d’oxygène qui la tient en vie et annonce qu’il ne lui reste qu’une heure d’oxygène. Il se dit très inquiet, il a fait le tour des hôpitaux, aucun ne peut lui fournir une autre bouteille.

Hier soir, à nouveau un reportage sur les drames qui se jouent en Inde, mais aussi au Mexique. Une femme, la quarantaine, dit clairement « je ne peux plus respirer ». Elle est devant un hôpital, dans la rue, dans une file d’attente.

On ne peut plus respirer.

Me vient l’image de notre planète, qui ne peut plus respirer.

Que ce soit à cause de la violence, sociale, économique, ou à cause de la pandémie, les humains font l’expérience de ne plus pouvoir respirer. Filmer quelqu’un qui s’asphyxie. Diffuser ces images. Voir ces images depuis son canapé et constater son impuissance.

Il y a ce que l’on peut faire, ce que l’on sait faire, ce que l’on aimerait faire, ce que l’on aimerait savoir faire.

Ce que je sais, c’est que je peux aider à créer de l’oxygène sur terre, en m’engageant dans l’écologie, la résilience, la coopération humaine. Je veux le faire pour ne pas voir, dans quelques années, des humains filmés parce qu’ils ne peuvent plus respirer parce que nous n’aurons rien fait pour que l’air soit respirable.

Notre première nourriture, l’air, est précieuse.